Mardi soir, sur la pelouse de Santiago-Bernabeu, l'Olympique Lyonnais viendra chercher la première place du groupe E et ainsi s'assurer de recevoir au match retour en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Pour cela, un nul suffira aux hommes de Gérard Houllier, une tâche pas si évidente lorsque l'on constate que ceux-ci effectuent le déplacement dans la capitale espagnole sans Fred, Benzema, Govou et Wiltord, soit une attaque au complet!
En leur absence, le Norvégien Carew, auteur d'une bonne prestation samedi à Sedan (1-0 pour l'OL) et qui a laissé un bien mauvais souvenir à Madrid en marquant le but rhodanien d'une géniale talonnade un an plus tôt dans la même compétition (1-1), sera chargé à lui tout seul de faire peser le danger sur la défense madrilène, Gérard Houllier ne disposant que d'un seul autre attaquant pour l'épauler, le jeune Grégory Bettiol, aucun match de Ligue 1 dans les jambes et encore moins de Ligue des champions!
Certes, le staff peut pester contre le mauvais sort qui touche les attaquants en même temps, mais ces blessures simultanées viennent rappeler aux dirigeants l'urgence d'un renfort offensif. Déjà maintes fois évoquée l'été dernier, l'arrivée d'un attaquant de standing international est finalement restée lettre morte en dépit des efforts des dirigeants pour tenter de convaincre Trezeguet, Drogba ou Joaquin, les noms les plus régulièrement cités du côté de Gerland. La confirmation du talent de Benzema, parfait remplaçant d'un Fred «out» pour deux mois, avait finalement relégué la question au second plan, sa blessure survenue lors du dernier OL-VA (2-1) ne laisse cette fois plus qu'une étroite marge de manoeuvre aux dirigeants, désormais conscients de l'urgence de régler la vacance d'attaquants.
"La piste Trezeguet peut être réactivée"
"On va entrer dans une période durant laquelle nous risquons de souffrir plus que d'habitude. Les absences pourraient nous faire mal", s'interroge ainsi Juninho sur le site du club, rejoint lundi dans les colonnes du Progrès par son entraîneur Gérard Houllier: "Aujourd'hui, j'ai effectivement besoin de quelqu'un dans le secteur offensif. Bien sûr, les blessés vont revenir, mais ils peuvent aussi rechuter, on l'a vu la saison dernière avec les arrières." Fort de cette expérience, le technicien rhodanien s'est donc tourné vers son président Jean-Michel Aulas et son conseiller Bernard Lacombe pour dénicher l'oiseau-rare. Reste que les pistes ne sont pas si nombreuses que ça.
Le nom du Brésilien Nilmar, ancien de l'OL vendu aux Corinthians qui, en grosses difficultés financières, ne se sont toujours pas acquittés de la somme du transfert, est revenu ces derniers temps, mais le jeune Brésilien s'est sérieusement blessé au genou l'été dernier et ne sera pas opérationnel rapidement. "Il n'est pas prêt pour l'instant et je ne suis pas certain qu'il ait vraiment envie de venir", explique Gérard Houllier pour repousser cette piste. Quid de David Trezeguet, à qui les dirigeants font une cour assidue depuis plusieurs mois, essuyant pour l'instant une fin de non-recevoir de la part de leurs homologues de la Juventus de Turin ?
"La piste Trezeguet peut être réactivée", a déclaré dimanche dans Télé Foot Jean-Michel Aulas qui a rencontré l'intéressé mercredi au Stade de France avant France-Grèce à l'occasion de l'hommage rendu aux joueurs tricolores de la période 1998-2000. Et «JMA» de préciser que Didier Deschamps, l'entraîneur de la «Vieille Dame», s'est alors livré à un véritable "marquage à la culotte" en venant interrompre leur discussion. Preuve en tout cas que les Bianconeri, bien partis pour retrouver la Serie A, ne semblent pas disposés à se passer des services de leur buteur, auteur de 5 buts en 7 matches de Serie B cette saison et actuellement blessé. Inutile de dire que Jean-Michel Aulas devra déployer des trésors d'énergie pour tenter de faire aboutir ce transfert dont il a tant rêvé l'été dernier.
Et si l'affaire ne se conclut pas? Les dirigeants gardent un oeil attentif sur Gonzalo Higuain, pour qui son club de River Plate vient de repousser une offre du Real jugée insuffisante (les Argentins tentent de faire monter les enchères au-delà des 20 millions d'euros), mais aussi au Brésil où l'ancien défenseur de l'OL Marcelo a l'habitude de dénicher des perles rares. En France, les bons attaquants disponibles et «qualifiables» pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions ne courent pas les stades (le Lorientais Gignac, révélation du début de saison, pourrait avoir le profil), pas plus qu'en Europe où quasiment tous les joueurs de haut niveau ont déjà disputé la C1. Passé tout près du dernier carré la saison dernière face au Milan AC, en partie à cause d'un manque d'efficacité offensive, l'OL doit trouver la solution d'ici fin janvier, date de clôture du mercato hivernal. En attendant, Carew aura mardi soir la lourde tâche de rivaliser avec une attaque madrilène composée de Raul, Robinho et Van Nistelrooy. Et quand on sait que Fabio Capello peut habituellement disposer de Ronaldo, blessé, Cassano, écarté, et Reyes, sur le banc, on comprend mieux que sur ce plan-là, Lyon n'a pas les mêmes armes...