Service minimum pour Lyon

Service minimum pour Lyon
Pour sa dernière sortie en 2006 sur la scène européenne, Lyon n'aura pas fait vibrer son fidèle public de Gerland. Mercredi, en clôture de la phase de poule de Ligue des Champions, les Rhodaniens, assurés avant le début de la rencontre de terminer en tête du groupe E devant le Real Madrid, n'ont en effet pu faire mieux que match nul contre le Steaua Bucarest (1-1). Alou Diarra, titularisé dans l'entrejeu, a répondu de la tête (12e) à un enchaînement victorieux de Dica (2e). Malgré un dernier match sans saveur, l'OL peut se tourner confiant vers les huitièmes de finale de la compétition.

L'OL a bouclé la boucle. De la réception de Madrid à celle de Bucarest, les Rhodaniens, en six rencontres, ont imposé leur griffe sur le groupe E de la Ligue des Champions. Une poule qu'ils emportent haut la main et qui leur permettra de recevoir au match retour de leur huitième de finale. Seule minuscule ombre au tableau, mercredi, Gerland n'aura pas eu droit à un dernier récital de ses protégés pour le compte de l'année 2006. Au terme d'un match tristounet, ces derniers ont en effet été tenus en échec par une vaillante équipe roumaine du Steaua Bucarest (1-1).

La partie, sans enjeu, Lyon s'étant assuré il y a deux semaines à Madrid de terminer en tête du groupe, tandis que le Steaua savait lui qu'il continuerait son aventure européenne en Coupe de l'UEFA, commencera même de la pire des manières pour les quintuples champions de France. Meneur de jeu, meilleur buteur de l'équipe, bref, homme à tout faire de Bucarest, Nicolae Dica, d'un fort joli enchaînement poitrine-reprise du droit dans la surface lyonnaise, trouve rapidement le chemin des filets (2e). Oublié par une charnière centrale qui enregistrait aux côtés de Patrick Muller, le retour de Claudio Caçapa, le Roumain refroidissait un public de Gerland venu pour faire la fête.

Diarra prend du volume

Standing oblige, les hommes de Gérard Houllier, sur un corner frappé par Kim Kallstöm, recollent au score dix minutes plus tard. De la tête, Alou Diarra, titularisé aux côtés du Suédois et du Portugais Tiago, et qui prend à chaque sortie un peu plus d'envergure au sein du collectif rhodanien, remet les pendules à l'heure. On pense alors l'OL lancé sur la voie du succès. A tort. Une minute plus tard, Thereau, l'attaquant français du Steaua, est à peine trop court pour reprendre le centre-tir de Cristocea. La chance roumaine de réaliser le gros coup de ce groupe E est passée. La suite verra effectivement l'OL monopoliser le cuir.

Emmenés par un virevoltant Ben Arfa, titularisé sur le flanc gauche de l'attaque derrière John Carew, les Gones cherchent à faire la différence avant la pause. Le géant norvégien aurait pu y parvenir, mais sa lourde frappe fut bien détournée par le portier roumain (45e). Au retour des vestiaires, Kallström, le meilleur Lyonnais mercredi (53e), puis Ben Arfa (55e), tentent à leur tour leu chance. Sans succès. En face, le Steaua, bien que copieusement dominé ne perd pas espoir. La tentative de Nicolita frôle la lucarne de Coupet (52e), avant que le milieu de terrain ne serve Dica, dont la tête ne trompera pas un gardien lyonnais vigilant (69e).

Les entrées de Wiltord et Toulalan pour les vingt-cinq dernières minutes auront le mérite de réveiller les ardeurs des locaux, sans pour autant que le tableau d'affichage ne bascule en leur faveur. Lyon n'accrochera donc pas une cinquième victoire à son beau tableau de chasse dans le groupe E de la prestigieuse compétition européenne. Qu'importe, les Rhodaniens ont parfaitement rempli leur première mission dans cette Ligue des Champions. Place désormais aux huitièmes de finale, dont le tirage au sort aura lieu vendredi 15 décembre du côté de Nyon. Les choses sérieuses pourront alors commencer pour l'OL...

# Posté le mardi 19 décembre 2006 09:28

Modifié le samedi 23 juin 2007 07:19

Lyon refait le coup à Paris

Lyon refait le coup à Paris
Un mois et demi après s'être incliné à Gerland en Coupe de la Ligue dans les cinq dernières minutes, le Paris-SG a vécu un scénario similaire dimanche en clôture de la 17e journée de la Ligue 1! Après avoir réussi à égaliser à l'heure de jeu par Pauleta sur coup franc, les joueurs de la capitale ont en effet craqué, permettant à Cris puis Malouda d'offrir une 15e victoire en 17 matches à l'OL (3-1). Les quintuples champions de France se déplaceront avec 14 points d'avance chez leur dauphin, Lens, dans une semaine, Paris est à deux points du premier relégable...

Un air de déjà-vu ! Fin octobre en 8e de finale de la Coupe de la Ligue, le Paris-SG menait 1-0 à Gerland et croyait tenir son exploit et sa qualification pour les quarts de finale. C'était sans compter sur les ressources lyonnaises et notamment sur Wiltord qui, en deux minutes, faisait basculer la rencontre dans le camp de l'OL et le public dans une belle euphorie. En débarquant dans le Rhône pour ce dernier match de la 17e journée de Ligue 1, les Parisiens avaient sans doute encore en mémoire ce scénario et Guy Lacombe avait dû prévenir ses joueurs que le finish lyonnais pouvait faire mal...

"Chat échaudé craint l'eau froide", dit le dicton, pas pour Paris en tout cas qui a subi exactement le même scénario. Revenu à hauteur de son rival à l'heure de jeu grâce à un coup franc de Pauleta, les joueurs de la capitale se dirigeaient en effet vers un nul réconfortant après la période trouble qui avait agité le club les deux semaines précédentes, lorsque Ben Arfa, rentré à la 70e à la place du premier buteur, Wiltord, se lançait dans un formidable slalom géant, obligeant Landreau à une double parade. Décisive, croyait-on, sauf que sur le corner, Cris, oublié par la défense, reprenait le ballon qui traînait et marquait à bout pourtant (87e). Et comme dans la publicité, la deuxième lame lyonnaise finissait le travail de sape, avec une échappée côté gauche de Malouda qui battait Landreau d'une frappe croisée à ras de terre pour un 3-1 final cruel pour des Parisiens qui n'avaient pas démérité.

"Il y avait une intensité de Champions League, avec deux très belles équipes, on a battu une très bonne équipe du PSG", soulignera après-coup sur Canal + Gérard Houllier, rejoint dans son analyse par Juninho: "On a eu beaucoup de réussite, le match a été très serré, il pouvait basculer des deux côtés, Paris ne mérite pas son classement." Pas sûr que ces compliments lyonnais suffiront à consoler une formation parisienne 15e à l'issue de la 7e défaite de sa saison, avec seulement deux longueurs d'avance sur le premier relégable, Troyes. Car si l'équipe de Guy Lacombe a longtemps fait jeu égal avec son adversaire, elle n'a pas tenu sur la durée, preuve d'un indéniable effritement physique et mental qui l'enfonce jour après jour dans les profondeurs du classement.

Paris réussit à Wiltord

Une semaine après avoir été privé de match face à Toulouse, c'est pourtant un Paris-SG fringant qui entre dans la rencontre avec d'abord Hellebuyck qui réclame un penalty sur une intervention de Cris (5e) puis Pauleta qui, sur un décalage de Kalou, n'appuie pas assez sa frappe pour tromper Coupet (6e). De quoi réveiller les champions de France qui se montrent de plus en plus pressants, à l'image de Wiltord, qui, en angle fermé, sollicite Landreau (10e), Govou tentant quant à lui un lob audacieux mais mal cadré (12e). Bien servi par Pauleta, Hellebuyck réchauffe les gants de Coupet (16e) qui doit encore se coucher sur un essai trop mou de Yepes, pourtant bien servi par Armand (18e), tandis que d'un lointain coup franc excentré, Juninho fait passer quelques frissons dans le dos de Landreau. Ce dernier est tout heureux dans la minute qui suit de voir le lob de Wiltord, lancé plein axe, s'écraser sur sa barre transversale (25e) !

Chanceux sur ce coup, le portier parisien est décisif une dizaine de minutes plus tard lorsqu'il sort d'une claquette une belle frappe enroulée de Govou qui ne demandait qu'à s'engouffrer sous la barre (36e). L'OL a pris les choses en main, même si, en contre, Paris réussit à inquiéter l'arrière-garde adverse, comme Pauleta qui voit sa tentative enroulée filer de peu à côté (41e). On se dirige vers un 0-0 à la pause lorsque les esprits s'échauffent subitement: Réveillère et Kalou se frottent, provoquant un début de bagarre et un carton jaune pour Cris. Sur l'action qui suit, Wiltord file au but, il est taclé, sans doute régulièrement, par Armand en position de dernier défenseur, mais l'arbitre, après avoir consulté son assistant, siffle faute et avertit le Parisien (qui dans ce cas aurait dû prendre un rouge). Petite cause, grands effets: le coup franc de Juninho, prolongé de la tête par Yepes, atterrit sur celle de Wiltord qui ouvre le score dans les arrêts de jeu. Le PSG réussit décidément bien à l'international, double buteur décisif contre Paris fin octobre!

Paris rentre aux vestiaires mené et énervé, il revient sur la pelouse avec Rodriguez, rentré à la place de Dramé, preuve des intentions plus offensives de Guy Lacombe. Ce sont pourtant les Lyonnais qui allument les premières mèches de la seconde période avec un tir non cadré de Juninho (47e), imité par Wiltord qui oblige Landreau à une belle parade, la reprise de Toulalan filant de peu au-dessus (57e). L'OL n'est pas passé loin du break, il le paie aussitôt, puisqu'une faute de Squillaci sur Pauleta offre un coup franc idéalement placé aux 20 mètres au Portugais qui se fait justice lui-même d'une frappe enroulée sans élan dans la lucarne droite de Coupet (60e). Coup dur pour l'OL qui se voit en outre privé de son dernier attaquant valide, Wiltord, touché à la cuisse, et qui cède sa place à Ben Arfa (70e). On connaît la suite d'un scénario fatal à Paris...

# Posté le mardi 19 décembre 2006 09:27

Modifié le samedi 23 juin 2007 09:54

Un Lyon ordinaire

Un Lyon ordinaire
Pour la quatrième fois d'affilée, Lyon s'est imposé en Ligue 1 par la plus petite des marges. Au Mans, samedi après-midi, pour le match d'ouverture de la 16e journée, les champions de France ont eu raison des Sarthois grâce à un but de Sylvain Wiltord inscrit de la tête en début de seconde période (1-0). Avec ce succès, leur 14e en championnat, les hommes de Gérard Houllier consolident un petit peu plus leur fauteuil de leader avec désormais dix-sept points d'avance sur Lille, son surprenant dauphin. Impressionnant.

Lyon n'a pas été impérial au Mans, samedi après-midi, lors du match d'ouverture de la 16e journée de Ligue 1. Mais Lyon a gagné. Pour ne pas changer. Avec la plus petite des marges encore, pour la quatrième fois de rang après Valenciennes (2-1), Sedan (1-0) et Auxerre (1-0). Le champion d'automne continue sa marche en avant vers un inéluctable sixième titre de champions de France consécutif. Avant la suite de la journée ce soir et dimanche, les hommes de Gérard Houllier comptent... dix-sept longueurs sur Sochaux, leur surprenant dauphin. Un gouffre qui plus que jamais paraît insurmontable.

Samedi, à l'occasion de leur neuvième déplacement de la saison en Ligue 1, c'est Jérémy Toulalan qui, le premier, se met en évidence mais son tir lointain de demi-volée passe bien loin du cadre (3e). Quelques instants plus tard, sur un ballon aérien anodin, Yoann Pelé, qui effectuait samedi son retour dans le but manceau, ne rassure pas sa défense en ratant sa tentative de dégagement en reprise de volée... Une toile heureusement sans conséquence pour le MUC 72 (5e). Pour la première frappe cadrée du match, il faudra attendre un petit peu plus longtemps. A l'entrée de la surface de réparation mais sans véritables solutions, Sylvain Wiltord tente sa chance du pied gauche mais sa frappe trop mollassonne n'inquiète pas Pelé (11e).

Pelé retarde l'échéance

Le même Sylvain Wiltord va se montrer bien plus dangereux sur l'action suivante, lorsque sur un centre venu de la gauche d'Eric Abidal, l'attaquant lyonnais, qui semble toutefois hors-jeu, se retrouve seul à six mètres du but. Mais la reprise de demi-volée de l'international français passe au-dessus de la barre transversale (15e). Dominés jusque là, les Manceaux vont réagir à cette première grosse piqûre de rappel. Sur un centre en retrait d'Ismaël Bangoura, qui a bien pris le couloir droit, Koffi Romaric, à l'entrée de la surface de réparation, décoche une lourde frappe du pied gauche qui finit sa course au ras du poteau droit de Grégory Coupet (17e). Le nombreux public de Léon-Bollée reprend des couleurs. Une frayeur pour la défense lyonnaise qui a pour effet d'équilibrer les débats. Florent Malouda décoche bien une frappe du gauche à vingt mètres du but sarthois mais le Guyanais ne trouve pas le cadre (27e).

Sylvain Wiltord, très actif, va, lui, se montrer plus dangereux que son partenaire puisqu'une fois encore sa frappe, décochée à l'extérieur des dix-huit mètres, accroche le cadre mais Yohan Pelé se trouve sur la trajectoire du ballon (29e). Lentement, mais sûrement, la machine lyonnaise se remet en marche. Et si les Lyonnais n'ont pas ouvert la marque juste avant la pause, les Manceaux ne le doivent qu'à un seul homme: Yohann Pelé. Coup sur coup, le portier sarthois parvient à garder sa cage inviolée, à chaque fois devant John Carew qui pourtant le défié de près (41e) et (42e). A la pause, les hommes de Frédéric Hantz peuvent ainsi s'estimer heureux de ne pas être menés.

Wiltord de la tête

Mais auraient pu mener dès la première minute du deuxième acte. A la récupération d'un ballon qui traverse dangereusement la surface de réparation lyonnaise, Ismaël Bangoura, le meilleur buteur de Ligue 1, arme sa frappe du gauche mais ne trouve pas le cadre (47e), il faut dire que Tiago avait fait don de son corps pour gêner l'attaquant guinéen. Les Lyonnais, eux, vont mettre une dizaine de minutes avant de se montrer pressants sur le but sarthois. Et sur un corner tiré par Juninho, John Carew place sa tête mais le ballon est capté par Yohann Pelé (54e).

Impeccable jusque-là, le gardien de but local ne va toutefois rien pouvoir faire sur l'action suivante. Sur coup de pied arrêté tiré par Juninho, Sylvain Wiltord, libre de tout marquage au beau milieu de la surface de réparation, place une tête tout en puissance et catapulte le ballon au fond des filets manceaux (1-0, 57e). Le plus dur est fait pour les Lyonnais.

Mais les Manceaux ne veulent pas s'avouer vaincus. Et Grafite passe tout près d'égaliser quand, bien servi par James Fanchone, il se retrouve devant Grégory Coupet mais le portier lyonnais ferme bien son angle (61e). Malgré une poussée mancelle dans la dernière demi-heure, Grégory Coupet ne va pas être véritablement inquiété. Et pour la quatorzième fois en Ligue 1, les Rhodaniens empochent les trois points de la victoire pour en compter désormais 43. Sur 48...

# Posté le mardi 19 décembre 2006 09:25

Lyon, roi d'automne !

Lyon, roi d'automne !
A quatre journées du terme de la phase aller, l'insatiable Olympique Lyonnais s'est assuré dimanche contre Auxerre (1-0), le titre honorifique de champion d'automne. Un titre qui récompense le parcours quasi sans-faute des Rhodaniens, leaders de L1 avec désormais quatorze longueurs d'avance sur leurs dauphins lillois. Face à l'AJA, les hommes de Gérard Houllier ont parfaitement dominé leur sujet, s'assurant la victoire sur un but de Malouda (25e). Excellent, Juninho a lui expédié à deux reprises le ballon sur la transversale de Fabien Cool.

Chaque journée un peu plus, Lyon prouve qu'il voyage tout seul tout en haut de la Ligue 1. En disposant d'Auxerre, dimanche, à Gerland, au terme d'une partie maîtrisée quasiment de bout en bout, les hommes de Gérard Houllier comptent désormais quatorze longueurs d'avance sur leurs dauphins lillois. Un gouffre qui leur permet d'accrocher un premier titre cette saison, celui de champion d'automne. Certes honorifique, ce dernier récompense tout de même le rythme d'enfer imprimé par les Gones depuis la reprise. Même si, face à l'AJA, l'entame de match ne fut pas de tout repos.

Revigorés par leur victoire sur Toulouse dimanche dernier (1-0), le premier en Ligue 1 depuis six journées, les Auxerrois, à la composition résolument offensive, attaquent le match pied au plancher. Avec dans la zone d'attaque Jelen, de retour au premier plan après une longue absence, Niculae et Pieroni, redevenu efficace devant le but adverse, les Icaunais ne nourrissent aucun complexe dans l'antre rhodanien. Plus vifs que leurs hôtes du soir, les hommes de Jean Fernandez se procurent, sur corner, les deux premières occasions de la partie. Mais si Carew parvient à sauver la première tentative de la tête de Kalabane (19e), sur la suivante, le Guinéen, surpris, ne peut s'en prendre qu'à lui-même, incapable qu'il fut de couper à quelques centimètres de la ligne, le centre de Cheyrou (19e).

Juninho touche du bois (I)

Des occasions non transformées qui seront lourdes de conséquences pour les Bourguignons. Sentant que le coup n'est pas passé loin, les Lyonnais, sans Abidal ni Toulalan, prennent alors les choses en main. Leur première véritable opportunité sera la bonne. Sur un coup franc venu de la gauche, Fabien Cool commet une erreur de main fatale. A la réception du ballon, Florent Malouda, qui n'en demandait pas tant, ne se fait pas prier pour inscrire de la tête son cinquième but de la saison (25e). Le patron a parlé et ne lâche plus les commandes de la partie.

Comme souvent dépositaire inspiré du jeu lyonnais, Juninho accable la défense icaunaise. De dribbles en passes, le Brésilien fait souffrir l'AJA. D'une violente frappe du droit, il aurait même pu inscrire le but du break, mais le ballon s'écrasera finalement sur la barre transversale d'un Fabien Cool archi-battu (28e). Le portier auxerrois se rattrapera quelques minutes plus tard sur des tirs de Kallström (35e) et Réveillère (39e), permettant aux siens de regagner les vestiaires avec un seul but de retard. C'est déjà ça au vu de l'activité rhodanienne...

Juninho touche du bois (II)

Après la pause, la physionomie de la partie évolue peu. Maîtres du ballon, les champions de France font courir leurs adversaires. Monstre d'activité, Alou Diarra se charge inlassablement de couper les timides remontées de balle auxerroises. Dans ses conditions, le danger se porte logiquement sur le but de Cool. A l'heure de jeu, Kallström s'essaye en force à l'entrée de la surface de réparation suite à un centre de Govou, de retour aux affaires et entré en jeu à la place de Wiltord, mais Kaboul dévie le ballon. Deux minutes plus tard, Diarra, encore lui, voit sa tête piquée frôler le poteau gauche bourguignon.

Dans la dernière demi-heure, le rythme du match se tasse quelque peu, les deux équipes ayant laissé des forces en Coupe d'Europe en milieu de semaine. L'intenable Juninho s'offrira tout de même la dernière occasion, mais son maître coup franc heurtera une nouvelle fois la barre transversale de Fabien Cool (81e). Sa sortie de la pelouse quelques secondes plus tard prendra des allures de triomphes. Comme celle de ses coéquipiers au coup de sifflet final, dix minutes plus tard. Après des dernières prestations hésitantes en Ligue 1, l'ogre rhodanien, contre une valeureuse équipe auxerroise, a de nouveau fait la démonstration de sa puissance. Tout sourire à l'issue des débats, Gérard Houllier louera modestement le "sérieux de ses joueurs". Avant d'ajouter un brin facétieux: "Plus que le titre de champion d'automne, je retiens qu'avec 40 points, nous sommes presque sûrs de jouer en Ligue 1 la saison prochaine..."

# Posté le mardi 19 décembre 2006 09:24

Lyon tient sa pole !

Lyon tient sa pole !
Dans le sillage d'un John Carew époustouflant, encore buteur à Bernabeu, et d'un Grégory Coupet, décisif sur penalty en fin de match, l'OL a décroché mardi à Madrid, face au Real, le match nul (2-2) dont il avait besoin pour s'assurer de la première place de sa poule, synonyme de réception lors de son 8e de finale retour. Une 5e journée de la Ligue des Champions qui n'aura en revanche pas permis au Losc de décrocher sa qualification. A domicile, les Lillois ont concédé à Anderlecht un match nul (2-2) lourd de conséquences.

Y-a-t-il un problème d'attaquant à l'Olympique Lyonnais? La question mérite d'être posée après l'exceptionnelle performance réalisée mardi soir, sur la pelouse de Santiago Bernabeu, par John Carew, propulsé atout offensif n°1 de l'OL en l'absence de Fred, Wiltord, Benzema et Govou. Force est de constater que pour le géant norvégien, le charme de Santiago Bernabeu opère toujours. Un an, quasiment jour pour jour après son but égalisateur, inscrit d'une talonnade, dans le jardin du Real Madrid, l'attaquant lyonnais a retrouvé tous ses repères dans la célèbre enceinte pour mettre au pas à lui tout seul ou presque des Merengue pourtant remontés à l'occasion de ce match retour.

Un peu plus de deux mois après le 2-0 implacable du match aller à Gerland, c'est un Real Madrid autrement plus dangereux que les Lyonnais venaient défier dans leur antre. Des Madrilènes passés totalement dans le moule Capello et qui, à l'image d'un Casillas annonçant la couleur avant la rencontre, prédisait le pire aux joueurs de Gérard Houllier, victimes dans le même temps, ces dernières semaines, d'une baisse de régime, sinon d'efficacité, du moins offensive.

Carew humilie le (probable) futur Ballon d'Or...

Mais, mardi, alléché par les parfums de la capitale espagnole, qu'il avait sans doute déjà deviné la semaine dernière lorsqu'il avait réveillé sa grande carcasse pour retrouver le chemin du but en sélection, Carew a mis au supplice la défense du Real Madrid, à commencer par celui qu'une bonne partie de l'Europe pressent pour devenir le nouveau Ballon d'Or. Chaque ballon touché sur la pelouse de Bernabeu par le Norvégien, plus physique et plus que technique que jamais, aura coïncidé avec une action dangereuse sur le but d'Iker Casillas.

A commencer par cette action du premier quart d'heure de jeu lorsque l'attaquant de pointe de l'OL récupérait un ballon aux 35 mètres, choisissait, malgré le bon appel de Florent Malouda côté gauche, de défier en force Fabio Cannavaro. Le contre était favorable et la voie du but grande ouverte. Face à Casillas, Carew ne tremblait pas et plaçait de l'extérieur du pied un ballon imparable pour le portier espagnol (1-0, 11e). Le festival du Norvégien ne faisait que débuter, le calvaire de l'arrière-garde madrilène avec... Intenable, le n°9 lyonnais fixait à lui tout seul la défense madrilène pour servir Tiago isolé dans un nouveau face à face avec Casillas cette fois gagnant (17e).

Il y a un an, Pavon et Helguera avaient servi de chiens de garde à Carew. Cette fois, avec Cannavaro, le Lyonnais avait a priori fort affaire. Et pourtant, l'Italien aura subi une humiliation quasi-permanente, à l'image de cette action sur laquelle Carew le prenait de vitesse, crocheter Helguera pour s'ouvrir à nouveau le chemin de la surface avant qu'un retour désespéré du Transalpin ne s'avère décisif (24e). Lyon, avec un tel point d'ancrage, dominait copieusement son sujet et un peu plus encore quand sur un coup-franc de Juninho, Malouda surgissait pour tromper à bout portant et d'une aile de pigeon le gardien du Real (2-0, 31e). Madrid se devait de réagir et José Antonio Reyes, entré en jeu à la place de Gutti blessé, s'y collait pour, suite à une incursion côté droit, sollicitait Coupet une première fois (33e). Le gardien lyonnais ne pouvait rien juste avant la pause sur ce corner de Reyes que Ruud Van Nistelrooy, au second poteau, remisait sur le crâne de... Mahamadou Diarra, qui rendait à ses anciens coéquipiers, en même temps qu'il inscrivait le premier but concédé par Lyon cette saison en Ligue des Champions, le plus bel hommage (2-1, 39e).

Une réduction du score qui à elle seule autorisait Santiago Bernabeu à reprendre espoir. D'autant plus que la seconde période allait confirmer le réveil de la maison blanche. Lyon était à la peine, notamment sur coups de pied arrêtés comme sur ce coup-franc de Roberto-Carlos, qui ne se signalait donc pas que par ses semelles très limites, repris par Sergio Ramos devant un Coupet qui veillait (50e) ; un portier lyonnais attentif toujours sur cette reprise de Robinho, consécutive à un corner de Reyes (55e). Ce même Robinho dont la frappe n'était pas cadrée (59e). L'égalisation madrilène intervenant en toute logique sur un coup-franc de Roberto-Carlos que Cassano, entré en jeu, ne faisait qu'effleurer, mais Raul, lui, de la tête, trouvait le poteau avant que Van Nistelrooy ne catapulte le ballon au fon des filets (2-2, 80e).

Houllier: "On savait qu'on pouvait rivaliser, même chez eux."

L'OL, malgré tout toujours portée par les coups de boutoir permanents de Carew, dont l'activité et la réussite ne faiblissaient pas, réagissait également sur phases de jeu arrêtées: Cris auteur d'un service longue distance pour Malouda qui ne cadrait pas (66e), pas plus que sur un retourné acrobatique (83e). Comme le dira Gérard Houllier, à l'issue de la rencontre ("On n'a jamais renoncé à ressortir des ballons propres, c'est peut-être ce qui nous coûte le penalty", Ndlr), Lyon, dans sa volonté de jouer propre, s'exposait et le malheur arrivait sur cette faute peu évident de Cris sur Van Nistelrooy dans la surface. Le Néerlandais se chargeait de la sanction mais échouait sur un Coupet auteur d'un arrêt colossal (88e).

Houllier, au coup de sifflet final, buvait lui du petit lait au micro de TF1: "C'était un superbe match de football, spectaculaire, avec des buts, de l'émotion, que demander de plus. On savait qu'on pouvait rivaliser, même chez eux. Le seul regret, c'est d'avoir raté quelques balles de 3-1." Ce troisième but que John Carew, au vu de son match grandiose, méritait d'inscrire...

# Posté le mercredi 22 novembre 2006 13:05