Ceux qui connaissent bien l'Olympique Lyonnais ne pouvaient pas avoir perdu toute illusion à la mi-temps de ce huitième de finale retour. Même menés 2-0 à la pause, ces Lyonnais, qui ont tellement habitué les observateurs de la Ligue 1 à des retours impossibles, le dernier remontant à dix jours à peine contre Sochaux, pouvaient, du moins beaucoup l'espérait, renverser Rome et ses sept collines, marquer ces trois buts au retour des vestiaires et offrir au public de Gerland une quatrième qualification de suite pour les quarts de finale de la Ligue des Champions.
Il n'en fut rien. Et on le comprit dès les premières minutes de la seconde période quand le joker providentiel de l'OL, Sylvain Wiltord, seul dans la surface adverse, butait sur Doni, le gardien de l'AS Roma, préservé le week-end dernier en championnat (49e). En état de grâce, le Brésilien éteignait un à un les pétards lyonnais allumés en seconde période, étouffant rapidement la dernière lueur d'espoir dans les têtes des hommes de Gérard Houllier. Pour la première fois en quatre ans, l'OL ne figure donc pas parmi les huit meilleures équipes du continent. Un sacré coup d'arrêt, pour ne pas dire un échec, terme révoqué par Jean-Michel Aulas, pour une formation qui se consolera sûrement avec un sixième titre consécutif de champion de France au printemps.
Et si l'élimination l'année dernière en quarts de finale contre le Milan AC était cruelle, tant les Lyonnais avaient paru maîtriser les débats jusque dans les dernières minutes du match retour, cette nouvelle désillusion contre un club italien ne souffre cette fois d'aucune discussion. La victoire de l'OL dans le derby du Rhône samedi contre Saint-Etienne n'aura été qu'un leurre, un cache sur les misères actuelles des Lyonnais, moins efficaces devant et plus friables derrière.
Le chef-d'oeuvre de Mancini
Pour preuve, ce premier but romain, venu doucher l'enthousiasme des supporteurs de Gerland après une vingtaine de minutes de jeu. Une longue ouverture de Chivu dans le dos de la défense lyonnaise, et Tonetto, abandonné par Réveillère, son garde-du-corps, pouvait adresser un centre en demi-volée pour la tête de Totti, libéré du marquage de Squillaci et Cris. Le capitaine romain ne ratait pas cette occasion de fusiller à bout portant Coupet et donnait l'avantage à son équipe (22e, 0-1).
Pendant quinze minutes, les Gones se montraient décider à répliquer rapidement, poussant fort à l'image de Cris en débordement sur le côté droit après avoir stoppé une offensive de Mancini à l'autre bout du terrain. Mais, guidée par ses tours jumelles, Chivu et Mexès, intraitables dans l'axe, la défense italienne ne rompait pas. Les Lyonnais s'essoufflaient et Perrotta s'offrait une balle de contre avant d'être stoppé par l'arbitre pour une position de hors-jeu peu évidente. Une alerte avant le coup de massue asséné par Mancini qui, alerté par De Rossi, entrait dans la surface lyonnaise, fixait Réveillère au prix d'une incroyable série de passements de jambe et déclenchait une frappe du gauche dans la lucarne de Coupet (43e, 0-2).
Fred voit rouge
Contraint de marquer trois buts en quarante-cinq minutes, l'OL sortait des vestiaires avec Wiltord et Kallström en remplacement de Govou et Diarra qui, avec moins de quarante minutes dans les jambes après six semaines d'arrêt, n'aura pas réussi à faire oublier la suspension de Toulalan. Ce coup de poker de Gérard Houllier aura le mérite de secouer la défense adverse mais Doni, déjà impeccable au devant de Wiltord, sortait successivement les frappes de Juninho (51e) et de Kallström (59e) puis voyait Malouda échouer d'un rien sur un centre de Kallström (61e).
La chance des Lyonnais était passée. Et la nervosité gagnait le terrain. Tiago, Cris et Kallström écopaient chacun d'un carton jaune tandis que Fred, incapable de se défaire de l'emprise de Mexès et Chivu, multipliait les mauvais gestes, allant jusqu'à éclater le nez du défenseur central roumain d'un coup de coude volontaire. Un geste inacceptable, révélateur de l'impuissance lyonnaise...