Lyon mangé par la Louve

Lyon mangé par la Louve
L'Olympique Lyonnais ne sera pas des quarts de finale de la Ligue des Champions. A la recherche d'une quatrième qualification de suite pour ce stade de la compétition, les Lyonnais sont tombés en huitième de finale, mardi à Gerland, face à l'AS Roma (0-2). Butant sans cesse sur un Doni en état de grâce dans la cage italienne, les Gones n'ont pas réussi à combler au retour des vestiaires leur retard sur une équipe romaine qui avait fait la différence en première période. A noter lors de cette soirée l'élimination du tenant du titre, Barcelone, face à Liverpool.

Ceux qui connaissent bien l'Olympique Lyonnais ne pouvaient pas avoir perdu toute illusion à la mi-temps de ce huitième de finale retour. Même menés 2-0 à la pause, ces Lyonnais, qui ont tellement habitué les observateurs de la Ligue 1 à des retours impossibles, le dernier remontant à dix jours à peine contre Sochaux, pouvaient, du moins beaucoup l'espérait, renverser Rome et ses sept collines, marquer ces trois buts au retour des vestiaires et offrir au public de Gerland une quatrième qualification de suite pour les quarts de finale de la Ligue des Champions.

Il n'en fut rien. Et on le comprit dès les premières minutes de la seconde période quand le joker providentiel de l'OL, Sylvain Wiltord, seul dans la surface adverse, butait sur Doni, le gardien de l'AS Roma, préservé le week-end dernier en championnat (49e). En état de grâce, le Brésilien éteignait un à un les pétards lyonnais allumés en seconde période, étouffant rapidement la dernière lueur d'espoir dans les têtes des hommes de Gérard Houllier. Pour la première fois en quatre ans, l'OL ne figure donc pas parmi les huit meilleures équipes du continent. Un sacré coup d'arrêt, pour ne pas dire un échec, terme révoqué par Jean-Michel Aulas, pour une formation qui se consolera sûrement avec un sixième titre consécutif de champion de France au printemps.

Et si l'élimination l'année dernière en quarts de finale contre le Milan AC était cruelle, tant les Lyonnais avaient paru maîtriser les débats jusque dans les dernières minutes du match retour, cette nouvelle désillusion contre un club italien ne souffre cette fois d'aucune discussion. La victoire de l'OL dans le derby du Rhône samedi contre Saint-Etienne n'aura été qu'un leurre, un cache sur les misères actuelles des Lyonnais, moins efficaces devant et plus friables derrière.

Le chef-d'oeuvre de Mancini

Pour preuve, ce premier but romain, venu doucher l'enthousiasme des supporteurs de Gerland après une vingtaine de minutes de jeu. Une longue ouverture de Chivu dans le dos de la défense lyonnaise, et Tonetto, abandonné par Réveillère, son garde-du-corps, pouvait adresser un centre en demi-volée pour la tête de Totti, libéré du marquage de Squillaci et Cris. Le capitaine romain ne ratait pas cette occasion de fusiller à bout portant Coupet et donnait l'avantage à son équipe (22e, 0-1).

Pendant quinze minutes, les Gones se montraient décider à répliquer rapidement, poussant fort à l'image de Cris en débordement sur le côté droit après avoir stoppé une offensive de Mancini à l'autre bout du terrain. Mais, guidée par ses tours jumelles, Chivu et Mexès, intraitables dans l'axe, la défense italienne ne rompait pas. Les Lyonnais s'essoufflaient et Perrotta s'offrait une balle de contre avant d'être stoppé par l'arbitre pour une position de hors-jeu peu évidente. Une alerte avant le coup de massue asséné par Mancini qui, alerté par De Rossi, entrait dans la surface lyonnaise, fixait Réveillère au prix d'une incroyable série de passements de jambe et déclenchait une frappe du gauche dans la lucarne de Coupet (43e, 0-2).

Fred voit rouge

Contraint de marquer trois buts en quarante-cinq minutes, l'OL sortait des vestiaires avec Wiltord et Kallström en remplacement de Govou et Diarra qui, avec moins de quarante minutes dans les jambes après six semaines d'arrêt, n'aura pas réussi à faire oublier la suspension de Toulalan. Ce coup de poker de Gérard Houllier aura le mérite de secouer la défense adverse mais Doni, déjà impeccable au devant de Wiltord, sortait successivement les frappes de Juninho (51e) et de Kallström (59e) puis voyait Malouda échouer d'un rien sur un centre de Kallström (61e).

La chance des Lyonnais était passée. Et la nervosité gagnait le terrain. Tiago, Cris et Kallström écopaient chacun d'un carton jaune tandis que Fred, incapable de se défaire de l'emprise de Mexès et Chivu, multipliait les mauvais gestes, allant jusqu'à éclater le nez du défenseur central roumain d'un coup de coude volontaire. Un geste inacceptable, révélateur de l'impuissance lyonnaise...
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# Posté le mardi 13 mars 2007 13:03

Modifié le vendredi 16 mars 2007 15:51

Lyon, une faim de Louve

Lyon, une faim de Louve
Pour la quatrième fois consécutive, Lyon tente ce soir de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions (en direct sur notre site à 20h45) en recevant l'AS Rome en huitième retour au stade de Gerland. Et si le 0-0 décroché à l'aller au Stade olympique place les hommes de Gérard Houllier en position de favoris, ils auront besoin de toutes leurs forces pour écarter un adversaire dont le principal danger se nomme Francesco Totti. Pour l'OL, peu importe le résultat et la manière, seule la qualification compte...

Veille de match lundi du côté de Gerland. Des deux côtés, on affiche les mines sereines de circonstance, chaque camp affirmant aborder avec confiance ce huitième de finale retour si important pour les deux formations. "On joue notre avenir", n'a ainsi pas caché l'entraîneur romain, Luciano Spalletti, lors d'une conférence de presse tenue devant une flopée de journalistes italiens, bien plus nombreux que les Français le matin même lors de celle de l'OL, preuve de l'attente que suscite ce huitième de finale de l'autre côté des Alpes.

Et si le technicien de la Roma espère beaucoup de ses troupes, nul doute qu'une élimination sera moins difficile à avaler pour lui que pour son homologue lyonnais, Gérard Houllier. A cela plusieurs raisons: d'abord, parce que le résultat de l'aller, 0-0, place statistiquement l'OL en position de force (68% de chances de passer sur les précédents européens depuis 1970). Ensuite parce que Lyon n'a plus perdu à Gerland en Ligue des champions depuis 18 matches (12 victoires, 6 nuls), sa dernière défaite remontant à octobre 2002 et un revers face à l'Ajax Amsterdam (où évoluait le Roumain Chivu, aujourd'hui à la Roma). Une invincibilité à domicile qui se double d'une série de sept matches sans défaite cette saison (4 victoires, 3 nuls). Enfin, parce que les quintuples champions de France ne peuvent tout simplement pas se permettre de rater le «Top 8» de la C1, eux qui restent sur trois quarts de finale consécutifs.

Lors des dernières saisons, l'Olympique Lyonnais est indéniablement devenu un gros d'Europe, désormais craint à chaque tirage au sort, et il se doit de faire respecter la hiérarchie face à un adversaire qui a moins de vécu à ce très haut niveau (46 matches de C1 contre 65 à l'OL). Reste que la formation de Gérard Houllier doit trouver la recette pour se «faire la peau» d'une Louve apparue particulièrement agressive à l'aller (huit cartons jaunes), une méthode qui a déclenché un début de polémique entre Jean-Michel Aulas et Luciano Spalletti et qui, selon le coach rhodanien, ne peut pas fonctionner ce soir: "On joue à Gerland, je ne pense pas qu'ils puissent prendre ce risque (de jouer dur, ndlr). Et si vous venez avec l'idée que certains joueurs sont des cibles, la cible en question doit quelque fois se déplacer pour être intouchable." Et l'intéressé d'ajouter, énigmatique, à propos du message qu'il délivrera à ses joueurs avant de pénétrer dans un Gerland bondé et bouillant: "Ce match, c'est comme une finale, ce n'est pas ne pas prendre de but qui est important, mais en mettre un de plus que l'adversaire. Je n'ai pas d'idée préconçue sur la physionomie générale du match, en revanche, je sais ce qu'on va faire..."

Tous les voyants lyonnais sont au vert...

Sans nul doute attaquer car, comme le soulignait assez justement son homologue italien, pas plus que la Roma, Lyon n'est pas une équipe qui joue avec la règle à calcul à la main. L'OL n'est jamais aussi fort que lorsqu'il prend le jeu à son compte, prive son adversaire de ballon, le presse avant de le faire craquer grâce à une condition physique optimale. En ce sens, le derby gagné dans un contexte tendu à Saint-Etienne, qualifié par Gérard Houllier de "bonne répétition haut de gamme", n'a fait que conforter l'intéressé dans son impression de "montée en puissance" de son équipe par rapport au match aller, d'où la sérénité affichée lundi lors de la conférence de presse de veille de match. D'autant que, hormis Toulalan, suspendu (qui sera sans doute supplée par Diarra), tous ses joueurs sont opérationnels, y compris Juninho, ménagé à Geoffroy-Guichard, et dont son entraîneur attend beaucoup, lui qui a souvent été décisif dans ce genre de match à élimination directe (notamment à l'aller l'an dernier face au PSV Eindhoven). "Dans un collectif, vous devez toujours avoir deux-trois joueurs qui peuvent apporter une valeur ajoutée à votre équipe à des moments précis, Juninho fait partie de ces trois joueurs."

Des propos que pourraient très bien accoler Luciano Spalletti dans le camp adverse à Francesco Totti, la véritable arme fatale de la Roma. "Joueur de classe mondiale" pour Gérard Houllier, "très difficile à prendre dans ses déplacements" pour Sébastien Squillaci, le capitaine et âme de la formation transalpine détient une partie des clés de la rencontre. Mais qu'on ne s'y trompe pas, si Totti, actuel meilleur buteur de Serie A (16 buts), constitue la principale menace romaine, le danger peut aussi venir des champions du monde Perrotta et De Rossi, mais aussi du rapide Mancini, voire de Chivu et Mexès sur coup de pied arrêté. Sans oublier que, bien que Rome n'ait plus gagné depuis le 20 décembre en déplacement, la formation de Spalletti s'est fait une spécialité des grosses deuxièmes mi-temps, marquant plus de deux tiers de ses buts après le repos.

Bref, comme le rappelait justement Gérard Houllier, "des quatre derniers adversaires de Lyon en huitièmes de finale de la Ligue des champions (La Real Sociedad, le Werder Brême, le PSV Eindhoven, ndlr), je dirais que la Roma est celui qui est le plus élevé en terme de niveau." Avant de conclure: "Mais je pense aussi que mon équipe a un niveau supérieur à ses devancières et plus d'expérience aussi." A elle de le prouver devant son public...

# Posté le mardi 06 mars 2007 12:49

Modifié le samedi 23 juin 2007 08:37

Lyon maître des éléments

Lyon maître des éléments
Dans un contexte tendu, au point que la partie a dû être interrompue 20 minutes en début de seconde période, l'Olympique Lyonnais a poursuivi sa série d'invincibilité face à son «meilleur ennemi» stéphanois en s'imposant nettement à Geoffroy-Guichard (3-1) en ouverture de la 27e journée de L1. Cette victoire tombe à pic pour les champions de France, trois jours avant leur huitième de finale retour de Ligue des champions contre l'AS Roma, tandis que Saint-Etienne, qui subit sa quatrième défaite de rang sur sa pelouse, retombe de haut.

Presque 13 ans que ça dure! Depuis le 6 avril 1994, Lyon n'a plus perdu face à Saint-Etienne, toutes compétitions confondues, et ce nouveau derby n'aura fait que confirmer la supériorité des quintuples champions de France sur leurs rivaux régionaux. En s'imposant nettement (3-1), Lyon a non seulement infligé sa plus lourde défaite à l'ASSE sur sa pelouse de Geoffroy-Guichard dans l'histoire des derbies, mais aussi fait subir à son rival son cinquième revers de rang dans le Chaudron, son quatrième en L1.

Trop pour les supporters verts qui, sans doute incités par les déclarations assassines ayant opposé les deux camps avant le match, ont pourri le début de seconde période à coups de lancers de fumigènes à destination de la tribune des supporters lyonnais (qui ont répliqué), poussant M. Chapron à interrompre la rencontre pendant une petite vingtaine de minutes, les joueurs ne pouvant plus respirer à cause d'un nuage de gaz lacrymogènes tombé sur la pelouse.

Le match a finalement pu reprendre, mais à 3-0 en faveur de l'OL, il était déjà fini, les quintuples champions de France ayant précédemment fait ce qu'il fallait pour se mettre à l'abri d'un retour de Stéphanois qui n'y croyaient d'ailleurs visiblement plus, même s'ils réussiront finalement à sauver l'honneur. Ce succès, les Lyonnais le doivent à une redoutable efficacité qui leur a permis de marquer trois fois sur leurs trois premières occasions! Avant cela, c'est l'ASSE qui avait attaqué le plus fort, mais Ilan n'avait pas trouvé le cadre du gauche (3e), pas plus que Hognon de la tête sur un coup franc de Sablé (21e).

Fred enfonce le clou

L'adresse était donc dans le camp des troupes de Gérard Houllier qui allaient trouver l'ouverture sur leur première véritable occasion: un centre de Malouda était renvoyé de la tête par Hognon dans les pieds de Kallström qui, à vingt mètres, ouvrait son pied gauche pour tromper Janot (28e). Une ouverture du score dont les Verts ne se remettront jamais, puisque, à peine dix minutes plus tard, c'est Tiago qui profitait d'un mauvais renvoi de la défense forézienne pour adresser, encore de vingt mètres, un lob magistral qui laissait Janot de marbre.

2-0 à la pause, c'était déjà terrible pour les Verts, mais à peine entrés dans le second acte, ils subissaient un nouveau coup de massue sur la tête sous la forme d'un coup de franc imparable réussi, non par Juninho, laissé par Houllier sur le banc dans la perspective du huitième de finale retour de la Ligue des champions contre la Roma, mais par son coéquipier brésilien Fred pour son neuvième but de la saison. Un but qui déclenchera donc la fureur du kop vert et l'arrêt provisoire de la rencontre. Seul Gomis, reprenant du droit en pivot un centre de Heinz redonnera un peu de piment à une fin de match qui en manquait alors singulièrement.

3-1 score final, l'OL a, on ne peut mieux, préparé la réception de la Roma (qui, avec un effectif profondément remanié, a été tenue en échec 1-1 à Ascoli), faisant en outre un pas supplémentaire vers un sixième titre national consécutif. Pour Saint-Etienne, qui n'arrive plus à gagner chez lui, cette défaite fera sans doute quelques dégâts psychologiques, même si les Verts ont pris l'habitude ces derniers temps de se montrer bien plus efficaces en déplacement. A confirmer dans une semaine au Mans...

# Posté le mardi 06 mars 2007 12:47

Modifié le samedi 23 juin 2007 08:54

Un OL pas malheureux

Un OL pas malheureux
Les Lionceaux ont bien cru rugir plus fort que le roi Lyon, samedi, lors de la 26e journée de L1. Surpris à Gerland par des réalisations de Santos, Ziani et Grax, les Rhodaniens ont dû s'en remettre à un penalty de Juninho dans les arrêts de jeu pour arracher l'égalisation après les réductions du score de Baros et Wiltord (3-3). Un partage des points dont n'a su profiter Lille, défait à Nice (1-2), mais qui fait le bonheur de Toulouse, bourreau de l'OM en fin d'après-midi et désormais sur le podium du championnat de France.

Formidable scénario au stade Gerland où Lyon a arraché le nul face à Sochaux (3-3) en inscrivant pas moins de deux buts dans les dernières minutes de la rencontre. Du rythme et des buts à foison.
Comme souvent côté lyonnais, Juninho donne le ton. Sur un coup franc bien ajusté du capitaine de l'OL, Richert oppose une belle parade avant de contrer une tête de Cris (7e). Sochaux ne s'en laisse pas compter et prend le meilleur sur son adversaire par l'intermédiaire de Alvaro Santos. Le Brésilien, servi par Ziani, trompe Coupet de l'extérieur du droit (0-1, 9e). Les hommes de Gérard Houllier élèvent leur niveau de jeu. Peine perdue. Ziani double la mise pour Sochaux sur un penalty consécutif à une faute de Cris dans la surface de réparation (0-2, 29e). Loin de céder à la panique, Lyon persévère en attaque et trouve la faille juste avant la pause. Baros profite d'un mauvais renvoi de Richert sur un centre à ras de terre de Réveillière, pour marquer du droit (1-2, 40e).

En seconde période, Lyon revient sur le terrain plus mordant que jamais, mais se heurte à un Richert de grande classe et une défense doubiste des plus solidaires. Malgré plusieurs occasions de choix, les Gones concèdent un nouveau but. Grax place sa frappe croisée du droit entre les jambes de Coupet (1-3, 86e). Coutumier des finals au couteau, Lyon revient au score sur une superbe inspiration de Wiltord du droit (2-3, 90e) et un penalty, concédé par Diawara pour une faute de main, transformé par Juninho (3-3, 90e + 3).

Lyon n'en a pas profité pour conforter sa première place, mais reste largement en tête du classement. Sochaux (4e) remonte d'un rang.

Prochains matches: Saint-Etienne-Lyon ; Sochaux-Nantes

# Posté le dimanche 25 février 2007 08:19

Lyon s'en contentera...

Lyon s'en contentera...
Débarqué dans la Ville éternelle sans grandes certitudes, l'Olympique Lyonnais a malgré tout tenu le choc mercredi en 8e de finale aller de la Ligue des Champions sur la pelouse du Stade Olympique face à l'AS Roma (0-0). Un nul qui préserve les chances de qualification des Lyonnais avant le retour à Gerland, mais qui laisse aussi des regrets tant les Romains, qui n'auront su briller que par leur indiscipline - 8 cartons jaunes ! -, semblaient à la portée d'un OL un peu plus ambitieux dans le jeu.

Il y a finalement deux manières d'apprécier le résultat décroché mercredi sur la pelouse du stade Olympique face à l'AS Roma. Si l'on se réfère aux habitudes des hommes du président Aulas en 8e de finale aller de cette Ligue des Champions depuis trois ans - trois déplacements pour autant de victoires à la Real Sociedad (1-0), à Brême (3-0) et au PSV Eindhoven (3-0) - ce match nul (0-0) peut décevoir. Car s'il garde intactes les chances de l'OL en vue d'une quatrième qualification de rang pour les quarts de finale, il n'est pas sans risque à l'heure de recevoir cette dangereuse AS Roma à Gerland.

En revanche, si l'on se réfère aux récents déboires des quintuples champions de France en ce début d'année, alors ce solide score de parité ramené de cette expédition par-delà les Alpes a de quoi rassurer sur la capacité des hommes de Gérard Houllier à assumer leurs ambitions dans ce qu'il est bien obligé de considérer comme le véritable début de leur saison européenne. "Face à une équipe qui a l'habitude de gagner chez elle, d'y inscrire beaucoup de buts, j'estime que c'est un bon résultat, se satisfaisait Houllier à l'issue de la rencontre au micro de Canal+. On a eu l'occasion de marquer en première période, par la suite, il s'agissait surtout d'une maîtrise du résultat. On a peut-être manqué de fraîcheur offensive. Ce n'est pas un résultat à minimiser, j'aurais préféré un nul 1-1 mais on sera chez nous au retour à Gerland et ce sera à nous de faire le jeu et de marquer des buts."

Mexès ouvre les hostilités...

Ce que l'OL, avec un peu plus d'ambition dans le jeu et de prise de risque, mais aussi et surtout avec sa confiance du début de saison et un Juninho à son meilleur niveau, aurait sans doute pu accomplir dès cette première manche. Mais dans une rencontre terriblement accrochée, où la Roma aura surtout brillé par ses méthodes de rustre. Des Romains qui d'emblée placent les débats sur un terrain des plus violents avec ces deux traitements de faveur infligés par Philippe Mexès à Juninho (2e), dès la deuxième minute de jeu, et par Christian Panucci à Florent Malouda (6e). Deux fautes grossières qui, si elle valent un carton jaune à leurs auteurs, ont le mérite de mettre d'entrée les Lyonnais dans le bain. Juninho, contraint de quitter quelques minutes ses coéquipiers, est bien revenu sur la pelouse pour frapper le coup-franc offert par l'arbitre sur la faute de Panucci. Le ballon est travaillé et dévié par un crâne romain sur le poteau du gardien romain, Doni, totalement battu (7e). A la tentative d'intimidation des Transalpins, l'OL répond de la meilleure des manières, même si Juninho n'est pas en reste sur le plan disciplinaire et récolte lui aussi un carton jaune pour une faute grossière sur Perrotta (12e).

Si ce début de match est plus haché que jamais, avec encore cette détestable inspiration de Pizarro auteur d'une simulation ridicule en pleine surface lui valant là aussi un avertissement (18e), les Lyonnais travaillent bien au milieu du terrain et mobilisent leurs deux couloirs avec notamment un duo Govou-Clerc très actif avec ses deux frappes coup sur coup de l'attaquant, puis du défenseur (16e, 17e). Mais le côté gauche n'est pas en reste avec Malouda qui profite d'une erreur de De Rossi mais pêche par manque d'instinct sur un crochet de trop pour s'ouvrir le chemin du but (20e).

Une première demi-heure au cours de laquelle les Romains brillent essentiellement par leur capacité à casser le jeu, mais se montrent impuissants à approcher la cage d'un Grégory Coupet tranquille et dont le seul arrête digne de ce nom, sur une reprise à bout portant de De Rossi (31e), est effectué sur une position de hors jeu multiples des attaquants giallorossi.

Et si la maîtrise du ballon a tendance à pencher à l'avantage des hommes de Spaletti en fin de première période, les occasions restent lyonnaises comme sur cette bonne frappe de Tiago qui oblige Doni à s'interposer (43e). Le climat régnant sur la pelouse du stade olympique reste lui toujours aussi tendu avec ces deux nouveaux cartons jaunes, le premier à l'intention de Mancini pour la deuxième simulation romaine de la soirée (42e), et le second pour Sidney Govou auteur d'un mauvais geste sur Max Tonetto (44e). A la pause, Lyon a traversé les quarante-cinq premières minutes sans encombre, mais peut regretter sans doute de ne pas s'être montrer plus ambitieux face à un adversaire au registre plus que limité.

Un match à onze cartons jaunes !

Mais la reprise s'effectue sur le même thème avec ce... septième avertissement sorti par l'arbitre anglais M. Riley, qui n'a pas besoin d'en rajouter. Les vingt-deux acteurs - un miracle qu'ils soient encore autant à ce stade de la rencontre... - usent de toutes les ficelles, comme sur cette parfaite comédie de Francesco Totti s'écroulant sur une supposée bousculade de Jérémy Toulalan (49e). Un geste d'énervement aux conséquences importantes puisqu'il privera le milieu récupérateur de l'OL du match retour à Gerland.

Mais l'idole romaine sait aussi s'illustrer de manière plus brillante comme sur ce coup-franc légèrement décalé côté droit qui oblige Coupet à un arrêt décisif (61e). Le match s'emballe enfin, Rome se montre digne de son statut de deuxième de Serie A en confisquant le ballon et Lyon se doit de réagir également sur coup-franc, à défaut de pouvoir solliciter un Fred totalement éteint par le duo Mexès-Ferrari. Juninho s'y colle des quarante mètres et Doni doit s'y reprendre à deux fois pour écarter le danger (63e). Puis, c'est Govou qui tente un ciseau ambitieux que Tiago dévie malgré lui de sa trajectoire (66e). On se rend désormais coup pour coup et Totti met Coupet encore à rude épreuve sur un nouveau missile sur coup-franc (72e). Mais à l'image d'un Govou, prenant régulièrement le meilleur sur son garde du corps Tonetto, rattrapé par les crampes, la fin de match plus favorable aux Lyonnais ne sera pas plus productive et Juninho pas plus efficace sur un ultime coup-franc (90e). Et pour l'OL tout sera à faire dans quinze jours à Gerland! Coupet, lui, en était bien conscient lorsqu'il concluait: "C'est une équipe pas facile à jouer et ça va se jouera sur pas grand chose."

# Posté le vendredi 23 février 2007 13:02