La belle est donc revenue à Bordeaux. Après une victoire partout en championnat, Girondins et Lyonnais se retrouvaient en finale de la 13e Coupe de la Ligue pour se départager. Et alors que l'on se dirigeait vers les prolongations, Henrique surgit pour offrir aux siens le trophée de la LFP, d'un puissant coup de tête (1-0). Une victoire méritée si l'on se réfère au réalisme quasi parfait de la bande à Ricardo qui, avant l'unique but de la rencontre, ne s'était créé qu'une seule occasion franche, à l'heure de jeu. Pour l'OL, c'est un nouveau coup dur, un peu plus d'un mois après son élimination en Ligue des champions.
Le club de Jean-Michel Aulas, qui rêvait l'été dernier d'une saison historique en courant plusieurs lièvres à la fois (championnat, C1 et les deux coupes nationales), se «contentera» d'une sixième couronne nationale consécutive, ce qui n'a jamais été fait à ce jour. Et pourtant, le début de rencontre laissait aux Lyonnais tous les espoirs de soulever cette coupe pour la deuxième fois après 2001. Une première période sous l'emprise exclusive des champions de France, au cours de laquelle ils se créèrent un nombre assez élevé d'occasions. Si les Bordelais concédaient un corner 26 secondes seulement après le coup d'envoi, Fred ouvrait le bal, dès la 3e minute, en manquant de peu le cadre.
Le Brésilien était imité ensuite par Eric Abidal sur un centre de son jumeau du couloir gauche, Florent Malouda. La reprise de l'ex-Lillois tutoyait alors le montant gauche (12e). Le moment le plus fort de la domination lyonnaise dans cette première période intervenait à la 17e quand Jérémy Toulalan faisait admirer aux 79.000 personnes du Stade de France la pureté de sa frappe, une volée décochée des 25 mètres obligeant Ulrich Ramé à dégager des deux poings.
Ramé décisif
Dans la foulée, le capitaine des Girondins voyait le tir de Sidney Govou passer à quelques centimètres de son poteau gauche avant de capter le ballon plus ou moins heureusement sur un coup franc vicieux de l'artificier en chef de la maison lyonnaise, Juninho (19e). Les Girondins n'existaient quasiment pas, bien occupés il est vrai à contenir la furia des Olympiens. Il restait donc aux protégés de Ricardo à espérer un contre. L'hypothèse se présentait lorsque Julien Faubert était lancé à grande vitesse vers les buts de Rémy Vercoutre mais ce dernier se retrouvait le nez dans le gazon (37e minutes), fauché visiblement par Cris. Hervé Piccirillo en décidait autrement. Une décision assez surprenante de la part du directeur de jeu, comme cette faute de main de Squillaci oubliée (34e). Et c'est au contraire un Bordelais, en l'occurrence Johan Micoud pour une faute sur Tiago, qui était averti.
Les contacts devenaient d'ailleurs de plus en plus rugueux et Clerc récoltait à son tour un carton jaune pour une nouvelle intervention musclée, cette fois-ci sur Chamakh (38e). L'international marocain était également averti juste avant le retour aux vestiaires. L'occasion pour Juninho de cadrer une nouvelle fois son coup franc direct, bien capté par Ramé, au contraire du précédent où l'on retrouvait évidemment le milieu de terrain brésilien, Ramé sauvant alors son camp du bout des phalanges (44e).
Malheureux Vercoutre
Chamakh ne débutait pas la seconde période, remplacé par Marange. Ce dernier, pur défenseur, prenait la place de Wendel côté gauche, le Brésilien en profitant pour retrouver sa position habituelle un cran au dessus. Faubert, son pendant à droite, Micoud à la baguette, et Darcheville en pointe, les Bordelais retrouvaient une organisation offensive plus classique. A défaut d'inquiéter Vercoutre, les Marine et Blanc avaient mis enfin le pied sur le ballon et ne subissaient plus la pression de l'OL.
A la 60e, Faubert, d'une demi volée, offrait la première occasion bordelaise du match avant un retour immédiat aux chamailleries. Des jeux de mains entre Fred et Jurietti qui poussaient l'arbitre à mettre de nouveau la main à la poche, à l'encontre du Brésilien (62e) et du défenseur bordelais qui s'était rendu coupable d'une poussée aérienne sur Malouda (64e). Le Guyanais prenait le brassard de capitaine à la sortie de Juninho, touché à la cuisse gauche (68e) tandis que Fred laissait sa place à Baros (72e). Le Tchèque ne put aider les siens et le vent tourna alors en faveur de l'autre camp.
Après une première alerte, avec une tête de Fernando (81e), les Gones allaient donc craquer dans les ultimes secondes du match. Rémy Vercoutre, au chômage technique jusque-là, s'employait enfin sur ce corner de la dernière chance tiré par Johan Micoud. Hélas pour le remplaçant de Greg Coupet, sa sortie était ratée au contraire de la tête d'Henrique qui délivrait les Bordelais (1-0, 88e). Micoud ne perdra pas donc une troisième finale de la Coupe de la Ligue avec Bordeaux, après 1997 et 1998, et Lyon doit s'attendre à un fin de saison bien longue et sans doute propice aux remises en question, même si le président Jean-Michel Aulas reconnaissait, une fois le match terminé, que la loi du sport avait été fatale aux siens, avant de glisser, à propos de ce trophée qui venait de lui passer sous le nez: "Bordeaux en avait plus besoin que nous". Pas si sûr...
Merci à lyonnais76200 pour le 2000 ème com ;)