« Mes vérités sur le championnat »

« Mes vérités sur le championnat »
Gérard Houllier a répondu en exclusivité à Patrick Chêne pour un entretien vérité. L'entraîneur lyonnais revient sur la finale de la Coupe de la Ligue, la saison lyonnaise et parle de son avenir.

Pour ne rien vous cacher, j'ai longtemps apprécié Gérard Houllier. Son côté atypique. Le Touquet, Noeux-les-Mines, Lens. Des vraies racines. Puis champion avec le PSG... Pas piqué au foot trop tôt. Un passé de prof qui vous met les deux pieds dans le sol. Et puis l'Angleterre ! Coach de Liverpool, c'est déjà grand, mais si on rajoute la Coupe de l'UEFA, respect !

J'avais même la tentation de le placer parmi les sages du foot. Pardon, mais même son infarctus sur le banc des Reds plaidait pour lui. Quand il vous arrive un truc comme cela, vous ne pouvez que relativiser. Prendre de la hauteur... Et voilà la vraie question qui se pose. Est-il vraiment possible de prendre de la hauteur dans le monde du foot ?

Alors que j'avais espéré un Houllier capable de dire à ses joueurs battus : « On fait une haie d'honneur à nos vainqueurs à la manière des rugbymen », le voilà grognon. Je le cite au terme de la finale de la Coupe de la Ligue : « D'habitude, on félicite les vainqueurs mais là, non. C'est un hold-up ! ». Quand je dis grognon, je suis gentil. J'aurais dû dire « mauvais joueur ». J'aurais pu dire « bête ». Mais j'aime bien Gérard Houllier, alors je suis allé à la source. Je cite :
- Allo, Gérard, on peut se parler ?
- Difficile, j'ai décidé de ne pas parler à la presse pendant quelques jours...
- Ca tombe bien. Cela fera une exclu... Il y a une éternité que je n'ai pas fait d'interview. Et je crois qu'on se connaît depuis plus de 20 ans (ignoble chantage affectif...)
- Bon, d'accord. Je fais une exception.
- Allez, c'est parti ! Je te donne un joker. Un seul.


Gérard, j'ai été choqué par votre réaction après la défaite face à Bordeaux. Pas très sport tout ça...
C'est marrant. D'habitude, je me fais chambrer parce que je félicite toujours mes adversaires. Là, je me fais casser parce que je les critique. Oui, j'assume. J'ai du respect pour les Bordelais mais j'estime qu'ils ont refusé le jeu. Deux tirs au but dans une finale, ce n'est pas ma philosophie du jeu. Et puis, ils ont été trop agressifs. On a le droit de défendre mais pas de filer des coups comme ça. Pour être honnête, ce qui m'a agacé aussi, c'est que mes joueurs n'ont pas tous su se contrôler face à cette agressivité. Fred notamment.

On ne peut pas demander à toutes les équipes de jouer comme Lyon...
Mais avec une équipe comme ça, Bordeaux ne devrait pas être 21 points derrière nous. Ils devraient jouer au foot. Le foot, c'est peut-être du business, mais c'est aussi du spectacle. Enchaînez trois finales comme ça et vous videz les stades. Ou alors vous considérez le spectateur comme un cochon de payant. Et c'est la mort du foot. Ce n'est pas ma philosophie. Moi, je me targue d'avoir produit du beau jeu depuis deux ans à Lyon ! C'est cela ma différence. Après la finale dans le vestiaire, j'ai dit à mes joueurs que j'étais fier d'eux. Cela conforte notre réputation. L'équipe la plus populaire de France, c'est Marseille, mais celle qui pratique le plus beau jeu, c'est Lyon.

Du beau jeu, mais une saison un peu décevante finalement...
(Enervé)... Vous voulez que je vous rappelle notre bilan : on est champions à neuf journées de la fin. Il n'y aura pas une équipe à 65 points... Meilleure attaque. Meilleure défense. Huitièmes de finale de la Ligue des champions. Finaliste de la Coupe de la Ligue. Battu en Coupe de France par le futur finaliste. Et on fournit quinze joueurs aux différentes sélections !

Mais quand même, la Ligue des champions...
La Ligue des champions. A moi de poser des questions. Combien des quarts de finalistes de l'an passé sont là cette saison ?

Euh...
Un seul ! Milan. Et encore, ils se sont qualifiés par miracle face au Celtic ! Barcelone, Arsenal et les autres ont sauté aussi. Et ce n'est pas le drame, non ? Et bien pour nous non plus !


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# Posté le jeudi 05 avril 2007 12:12

Aulas évoque l'avenir

Aulas évoque l'avenir
Sur le site officiel de l'OL (www.olweb.fr), le président Jean-Michel Aulas a fait le point sur l'avenir sportif de son club. Des changements sont prévus, mais « JMA »n'est pas inquiet.

L'avenir du club lyonnais inquiète en ce moment pas mal d'observateurs. Mais le président lyonnais ne semble pas partager cette inquiétude : « Je me souviens du lendemain du premier titre où Sonny envisageait de partir. Des quotidiens parlaient de « bérézina ». On allait perdre notre meilleur joueur et puis l'avenir a montré que nous savions rebondir. » Sur le site de son club, Jean-Michel Aulas a indiqué que l'OL allait sans doute procéder à des changements lors de l'intersaison : « Il y a eu des départs chaque année, quelque fois des entraîneurs plus souvent des joueurs. On a toujours su trouver des joueurs encore plus forts. En former d'autres qui pouvaient ambitionner de jouer dans l'équipe première. Cette année ça va être pareil. Ce n'est pas une fin de cycle c'est le point de départ d'une grande aventure. Si on gagne un sixième titre on va être en course pour en gagner un septième. Moi je peux annoncer à tout le monde qu'on va faire, au niveau des dirigeants, plus d'efforts pour avoir encore plus de chance d'être performant non seulement en championnat mais dans toutes les compétitions. »

Et Aulas de continuer : « Bien-sûr qu'il va y avoir des joueurs pour lesquels nous allons donner des bons de sortie parce qu'un groupe ne peut pas rester indéfiniment le même. Mais je le redis ce n'est pas une fin de cycle. Il faut être flatté quand on a une vingtaine d'Internationaux A. C'est normal que nos joueurs soient demandés. C'est normal aussi que l'on résiste et puis c'est normal que l'on laisse un ou deux bons de sortie. Mais, c'est nous qui permettons à des joueurs d'exercer leur talent à l'extérieur. Donc il n'y aura pas de fin de cycle. Il y aura des renouvellements : ceux qui nous font confiance depuis longtemps, ceux qui ont mérité bien évidemment de pouvoir rester à l'Olympique Lyonnais. Il y aura quelques départs. On peut imaginer que nous allons peut-être abaisser le nombre de professionnels parce que quand on a pratiquement que des internationaux c'est beaucoup d'avoir vingt cinq professionnels. »

# Posté le mercredi 04 avril 2007 12:29

Juninho absent 10 jours

Juninho absent 10 jours
Remplacé en cours de jeu lors de la finale de Coupe de la Ligue samedi, le milieu de terrain lyonnais Juninho souffre d'une élongation au fessier gauche et sera indisponible au moins pendant dix jours.

La fin de saison s'annonce pénible pour le Brésilien Juninho. Blessé au cours du match face à Bordeaux et obligé de céder sa place à Kim Källstrom, Juninho a passé un IRM qui a révélé une élongation de 3 cm du fessier gauche, a indiqué le club dans un communiqué. Le Brésilien sera absent pour une durée de 10 à 15 jours et ne sera pas du déplacement à Valenciennes samedi prochain pour le compte de la 31eme journée de championnat.

# Posté le mercredi 04 avril 2007 12:28

Aulas veut garder Coupet

Aulas veut garder Coupet
Interrogé au sujet de l'avenir de Grégory Coupet après la finale de la Coupe de la Ligue perdue contre Bordeaux samedi soir au Stade de France, Jean-Michel Aulas a confié à l'AFP vouloir connaître les ambitions internationales de son portier.

« J'aimerais bien qu'il dise qu'il ait envie d'être titulaire en équipe de France jusqu'au Mondial 2010, a confié Jean-Michel Aulas à l'AFP. Pour signer un contrat de longue durée, il faut avoir envie de continuer avec l'équipe de France » a ajouté lé président lyonnais au sujet de Grégory Coupet (34 ans). Le gardien lyonnais arrive en fin de contrat en juin 2008 avec l'OL et négocie une prolongation.

# Posté le mercredi 04 avril 2007 12:27

Lyon fait semblant

Lyon fait semblant
Jean-Michel Aulas a beau feindre sa déception et affirmer que la saison de son Olympique Lyonnais n'est pas ratée, la défaite concédée samedi en finale de la Coupe de la Ligue a plombé un peu plus le moral des champions de France. Si Juninho abonde dans le sens de son président, insistant sur la nécessité pour ses coéquipiers de rester mobilisés jusqu'au mois de mai, le sixième titre dans la poche, l'OL pourrait alors ouvrir une nouvelle ère. Et il ne serait pas étonnant d'assister à une vague conséquente de départs.

Jean-Michel Aulas est resté fidèle à lui-même. Quel que soit le résultat de son équipe, le président de l'OL n'a jamais fui, ou presque, les journalistes cette saison. Affichant un large sourire lorsque les Gones dominaient par exemple de la tête et des épaules le Real Madrid à l'automne dernier, l'homme d'affaires était évidemment moins à son aise samedi soir au Stade de France pour commenter, une heure après le match, la défaite des siens en finale de la Coupe de la Ligue devant Bordeaux.

"C'est une déception, mais je pense que cela reste une saison globalement réussie... On a fait un bon parcours en Coupe de France, un bon parcours en Champions League, en terminant premiers des phases de poules, et un bon parcours en Coupe de la Ligue puisqu'on est arrivés en finale. Et puis peut-être allons-nous arriver à un sixième titre consécutif, ce qu'aucune équipe en Europe n'a réussi".

Des propos sonnant pourtant assez faux de la part d'un président comme "JMA", dont l'ambition pour son club n'a cessé de grandir au fil des exercices. Et à l'orée de cette saison, outre la conservation de la couronne nationale, l'OL visait clairement une place dans le dernier carré, voire en finale de la Ligue des champions, sans oublier qu'une victoire dans une des deux coupes nationales faisait également partie des objectifs du club rhodanien. Alors lorsque l'intéressé déclare que 2006-07 est globalement réussi, son auditoire en doute, voire n'y croit pas du tout. En revanche, plus légitime est le souci pour l'homme de communication qu'est Jean-Michel Aulas de sauver les apparences, le commandant d'un navire doit savoir ménager en permanence le bon moral de son équipage.

Houllier: "Une défaite injuste"

De son côté, Gérard Houllier n'a pas fait semblant pour exprimer ce qu'il avait sur le coeur. D'abord ironique - "Les Bordelais étaient les meilleurs, ils méritent leur victoire et ils ont fait un match fantastique alors que Lyon a été nul" -, le manager des Gones n'a pas caché une grosse amertume lui faisant même perdre un flegme britannique certainement cultivé lorsqu'il drivait les Reds et gagnait des Coupes d'Europe: "C'est une défaite injuste. D'habitude, je rends hommage à mon adversaire, aujourd'hui je ne le fais pas. Parce que l'état d'esprit de certains de leurs joueurs qui ont eu une aptitude à pourrir la rencontre, c'est pas nouveau. Ils ont eu un tir cadré, un but, et c'est tout. Par rapport à la domination que Lyon a exercée, c'est cruel, mais c'est comme ça, c'est le football...".

Ce discours, s'il manquait peut-être un peu de fair-play, avait au moins le mérite de coller à la réalité de ce que l'on a vu samedi soir entre des Lyonnais conquérants puis fatigués au fil de la seconde période, et des Bordelais qui les attendaient bien au chaud avant de les contrer et les cueillir, presque inéluctablement. Il faut rappeler aussi que les deux dernières confrontations en Championnat avaient déjà donné lieu à des matches musclés et enclins à la polémique.

Juninho entretient le mystère

Du côté des joueurs, c'était la déception qui primait et on ne cherchait pas à accuser l'adversaire d'avoir usé d'une tactique «à l'italienne», chère au fameux catenaccio. Au contraire, à l'image de Florent Malouda qui regrettait de ne pas avoir "concrétisé notre domination" avant de souligner qu'il n'existait "aucune injustice" pour ce qui tout de même ressemble fort à un hold-up. "C'est aussi un super but qu'ils inscrivent", allait même jusqu'à dire le Guyanais.

Pour Juninho, capitaine malheureux sorti sur blessure, le jeu rugueux des Girondins ne prête pas non plus matière à scandale. "Ils ont joué comme ça la saison dernière, et cette année aussi, c'est leur manière de jouer", lâchera le Brésilien. En bon leader d'équipe, Juninho, bien que "forcément triste quand on perd", appellera les siens à ne pas se relâcher pour les dernières journées avant les vacances. Et quand on l'interpelle sur son avenir à Lyon, il répond: "On verra à la fin de la saison". Si sa réponse estampillée langue de bois est tout ce qu'il y a de plus simple, les négociations qui vont débuter entre la plupart des joueurs et la direction risquent d'être compliquées et il se pourrait bien que cette finale perdue marque la fin d'un cycle commencé au même endroit il y a six ans lors d'une finale de Coupe de la Ligue gagnée face à Monaco...

# Posté le lundi 02 avril 2007 13:10