Il y a eu le premier à l'issue d'un ultime match face à Lens, d'autres conquis à domicile ou en déplacement, et il y aura donc ce sixième titre remporté, comme le cinquième, sans même jouer. L'an dernier, c'est à la veille de défier le PSG au Parc des princes que les hommes de Gérard Houllier avaient été sacrés par la grâce d'une défaite de Bordeaux à Lille (3-2), cette fois, c'est la victoire 3-2 de Rennes sur Toulouse qui offre à l'OL avant son match à Auxerre dimanche soir un sixième Championnat consécutif. Retour sur une soirée pas comme les autres.
La fête n'a pas eu lieu mercredi soir à Gerland, par la faute d'une prestation ratée face à des Rennais venus pour ne pas perdre (0-0), elle devrait finalement avoir pour théâtre le stade de l'Abbé-Deschamps où nul doute que les supporters lyonnais les plus fidèles se rendront en nombre dimanche soir pour clore la 33e journée et célébrer le sixième titre consécutif de leurs protégés, record dans l'histoire de la Ligue 1. Comme en 2006, c'est donc un samedi soir dans un hôtel que Lyon a été sacré, à la faveur d'une victoire rennaise sur Toulouse, seule équipe pouvant encore contrarier les troupes de Jean-Michel Aulas.
Pour priver l'OL de titre dès samedi soir, la mission du TFC, son dauphin avant cette 33e journée, était simple: il fallait gagner à Rennes. Et ça commence plutôt bien pour les hommes d'Elie Baup avec un but d'anthologie signé Emana qui, de 50 mètres et voyant Pouplin avancé, réussit le lob parfait, permettant à Toulouse de virer en tête à la pause. Devant leur petit écran, les Lyonnais se disent sans doute à ce moment de la partie que le titre se jouera dimanche sur la pelouse auxerroise, mais c'est sans compter sur une équipe rennaise bien plus percutante après le repos.
Le premier coup de semonce des Bretons intervient peu après l'heure de jeu sous la forme d'un penalty transformé par Briand consécutif à une main de Cherfa (63e), Marveaux enfonçant le clou d'un magnifique coup franc en lucarne (75e). A un quart d'heure de la fin, les intendants lyonnais peuvent commencer à aller chercher le champagne au frais, comme ils l'avaient fait l'an dernier dans un hôtel de la banlieue parisienne, l'égalisation toulousaine de Fabinho les fait hésiter (77e) avant que Cheyrou ne les conforte définitivement dans leur décision d'arroser ce sixième titre. 3-2 pour Rennes, voilà l'OL titré avant son match du dimanche, une façon sans doute frustrante de fêter une ligne de plus au palmarès.
Coupet: "Tout se fera en catimini"
Surtout après le nul face... à Rennes, une formation qui a finalement sacré Lyon, mais avec trois jours de retard sur le programme prévu. D'ailleurs après la rencontre de mercredi soir, Gérard Houllier, qui s'était retrouvé bien seul pour fêter le titre, avait exprimé sa grosse déception devant la tournure ratée des événements: "J'ai été déçu d'entendre des sifflets. C'est un problème de riche. Il y avait plus de spectateurs que de supporters mercredi soir. Je peux comprendre la frustration, mais pas la déception. Cela restera une tâche noire, plus que nos éliminations en Coupes et la défaite en finale de la coupe de la Ligue."
Et lorsqu'on lui demandait si ses troupes allaient fêter leur titre en cas de résultat favorable samedi soir à Rennes, l'intéressé faisait sa mauvaise tête, répondant: "Nous allons regarder le match, mais il n'y a rien de prévu. Pour moi, le titre a été acquis mercredi soir à Gerland. Après chacun peut avoir son opinion. Les gens sont trop gâtés." Reste que la fête a bien eu lieu dans l'hôtel auxerrois des Lyonnais, elle a été toute en retenue, en tout cas bien moins explosive que celle de l'an dernier, les rares images disponibles (Gérard Houllier avait souhaité que la soirée se passe en partie sans caméras) montrant des joueurs souriants mais pas aussi déchaînés qu'un an plus tôt. "On savait après Rennes qu'on était champions, se justifiera après coup sur Canal + Grégory Coupet, qui fête lui aussi sa sixième couronne de rang. On l'a déjà fêté avant et avec toutes ces caméras, ces journalistes, c'est difficile d'être naturel, explosif. Tout se fera en catimini, on a encore cinq journées pour fêter tout ça."
Houllier demande "des garanties"
Invité à commenter ce sixième titre, toujours sur l'antenne de Canal +, l'entraîneur de l'OL se montrera plus disponible, expliquant les raisons du huis-clos médiatique imposé: "Après tout ce qui avait été dit sur nous, l'équipe avait besoin de se protéger, il y a eu de bonnes explosions de joie." Et l'ancien manager de Liverpool, qui célèbre son troisième titre de champion de France de Ligue 1 (deux avec Lyon, un avec le PSG), de revenir sur la soirée de mercredi: "Pour moi, ce titre s'est joué à deux moments: la première phase, c'est d'abord à Nancy quand on a gagné 3-0 (29e journée, ndlr). Quand Kim Kallström a marqué le deuxième but, je me suis retourné vers mon staff et je lui ai dit: "On est champion". La deuxième phase, c'est contre Rennes, on a super-bien défendu. Sur le plan offensif, il nous a manqué de la fraîcheur, mais j'ai été surpris que les gens fassent la fine bouche, on gagné ce titre de haute lutte, on est dans des temps de passages supérieurs à l'année dernière, meilleure attaque et meilleure défense."
Bref, l'entraîneur de l'OL n'a que modérément apprécié les sifflets et rappels incessants faits dans la presse sur la prétendue mauvaise ambiance régnant dans son vestiaire. Est-ce pour cela que lorsqu'il a été interrogé samedi soir sur son avenir à la tête de l'OL, il a cherché à éluder la question, évoquant des "garanties à obtenir" et un "certain nombre de choses qui m'ont choqué"? "Gérard est indispensable à l'Olympique Lyonnais, lui a aussitôt répondu son patron Jean-Michel Aulas, c'est normal qu'il souhaite comme tous les grands joueurs quand ils renégocient leur contrat, obtenir des garanties, mais quand un club annonce un budget entre 180 et 220 millions d'euros, c'est déjà en soi un certain nombre de garanties. Il faut travailler avec Gérard sur une organisation encore plus performante, on va le faire dès la semaine prochaine autour d'une table." En attendant d'évoquer cet avenir sans doute commun, Lyon tentera donc de fêter par une victoire à Auxerre son sixième trophée de rang, l'objectif pour Gérard Houllier étant d'"honorer du mieux possible ce titre pour les supporters et l'ensemble du foot en général."